jeudi 2 juillet 2009

L'opportuniste

Il y a toujours un bon coté. Alors qu’il y en a qui conteste, qui revendique et qui proteste, moi je ne fais qu'un seul geste, je retourne ma veste…toujours du bon côté.
Alors que le week-end aurait pu se résumer à jouer la nounou, Martin eut la brillante idée de choisir la Pierre Chambertin pour faire office de garderie. Il est vrai que l’ampleur des lignes n’a guère convaincu Bruno et Yves. Même si après coup, ils peuvent regretter leur courageuse initiative dans le mur jaune redoutable et complexe de Diamant Cutter, le 7a+ d’un secteur excentré de Crossey 3. Dans le même temps Martin, lui empilait les croix à commencer par Star Wars, the 8a of the PCB, voir de Lacuvette tant il est décrié, tout en attirant les convoitises de nombre d’aspirants octogradistes. Puisque Kaiko est aussi dans ta besace, il ne te manque plus que Sale lierre dur aux Saillants pour clore la trilogie de prétendus 8a de LaCuvette !! …Vint ensuite le tour de Super Kakou, le 7c de droite qui mérite amplement plus le détour, tout aussi dur, avec de jolies règles qu’il faudra serrer bien fort. La curiosité de cette falaise réside dans ses voies si bien individualisées. En raclant les derniers 7 restants, je me retrouvais à faire les premiers mouvements de la voie de gauche, de terminer avec ceux de celle droite…tout en clippant les points de celle du milieu. A ce petit jeu, je frisais de peu, guère plus de 30cm, mon premier 8b, Hard ligne Jaune, dont je clippais quelques points et serrais plusieurs prises…mais l’éthique des cuvettards de la première heure me rattrapa, j’évitais la fourberie et admettais que je dus plutôt faire Hemingway, le 7b+ à peine plus à gauche…
Puisqu’on parle de week-end en famille, on se retrouva avec GrandLudo et Oliv et les enfants dans le cirque paisible de Flowstone Paradise, la cours de Chaos, à Rioupéroux. L’idée était bien sur d’aller fouler les règles du 7a de référence du secteur, Fight Club. Outre la surprise de retrouver une espèce de revêtement grisâtre surnaturel sur les règles du départ, Ludo se délecta avec bonheur de ces préhensions qui ont toujours eu sa préférence. Mais le jeté final, d’un style beaucoup plus sumo-esque ne se sera pas laissé faire…On finit par se rabattre sur une œuvre qui fit la fierté de notre ouvreur génie visionnaire Phildar, les rivières pourpres, un autre 7a sur un bloc isolé. Quelques montées pour trouver des sensations et caler les pieds puis Ludo nous trouva un petit déhanchement subtil permettant de ramener la main gauche sur une mauvaise pente, laissant juste le temps de jeter sur la prise finale. Un instant de grâce, une démonstration parfaite dans son premier 7a, suivi de la traditionnelle émulation, avec l’enchainement de Rémi et du mien. Et pour finir, la longue traversée de la Marelle nous narguait depuis le début de la séance. Et même si pour les puristes ça n’a plus rien à voir avec du bloc, je m’acharnais à trouver une méthode pour le crux final, puisais dans mes ressources de lactacte refoulé et parvenais à réaliser l’intégrale, soit, moi aussi, mon premier 7a+ !!
Grisé par la réussite et alors que mon boss fêtait son départ en vacances, ainsi que son départ tout court, je profitais de mon dernier jour dans Lacuvette pour discrètement m’éclipser et retourner à Rioup, secteur de la plaque commémorative. Un bloc un peu haut, encore des règles à serrer, quelques jetés plus tard, et une bonne frayeur à la clé, tout seul bien au dessus de mon crash que j’aurais eu du mal à viser en cas de chute, je sortis la belle ligne de gauche, juste avant le pilier, qui devrait surement flirter elle aussi avec les 7a/7a+ !!
Alors que Sylvain refusait bizarrement toutes ces opportunités, même celle de mardi dernier au Glésy, nous eûmes, avec Oliv, le plaisir de croiser le maître des lieux, Luca, accompagné de l’autre Phoenix de Planete Bloc, Nico… Au volant d’une jolie camionnette décorée d’un grand M jaune sur fond rouge, les mains encore toutes grasses de frittes. Maintenant astreint à des horaires normaux tel un cuvettard pressé, il nous fit étalage de son style et de sa marge dans Les croisades, sympathique 7b+ d’echauff…n’est pas Oliv ??... puis au 2eme essai, quand même, dans Lolet it 7c, après la démo du sumo et de sa méthode du jeté désespéré et de la reculée d’anthologie… avant de faire preuve de tact en évitant de torcher flash l’ex 8a un peu bloc, Stall Act It. Ex, car sinon… jamais Luca n’aurait eut la moindre chance de l’enchainer !! C’est vrai qu’avec ses méthodes bizarres, comme ce talon au dessus des oreilles dans Lolet it be, on est en droit de se poser des questions…
En période austère, entre chômage technique et spectre de chaos économique, rien de tel que la perspective des vacances…Juste le temps de régler son compte au Palais de justice, le 7c majeur des Ecouges, avant de coincer discrètement entre les bouées, le body board et les serviettes, mon baudard et mes eb, et nous voilà partis sur les routes….qui devraient, comme par enchantement, passer par Autoire et croiser les heros d’une prochaine super production escaladistique, Iaki le terrible et FT l'eftra-terrestre…

lundi 8 juin 2009

Y’a pas d’arrangement

''...et y'a pas de grimace. Juste le lendemain se regarder dans une glace''
Ca devait arriver…à trainer son oisiveté, sa liberté de grimper à l’autre bout du monde, là où les deux derniers siècles ne sont connus que pour leurs cotés négatifs. Là où restent des peuples fatigués par des luttes d’un autres temps, la rencontre ne pouvait que mal se passer. Venir trainer son perfo, ses chaussons pour des photos inédites, sans d’autres renseignements que 3 clics sur le net, et se laisser à une espèce d’indécence sous le couvert de la découverte, de l’aventure, du frisson…A Yangshuo, moi j’aurais aussi protesté… A moindre échelle, quand on débite l’arbre de l’ONF dont une petite feuille pourrait gêner, dans sa dernière création, on agit de la même manière. Mais bon, nous…c’est pas pareil, finira-t-on par conclure, pour se rassurer.
Malheureusement pas d’arrangement possible, en montagne, la fin demeure souvent fatale. Jean-Pierre, un presque lotois, à l’origine de cette dynamique conviviale locale qu’on envie, en a fait les frais la semaine dernière. Une triste nouvelle qui vient encore grossir le trop lourd palmarès des disparus en montagne cette année. A ceux qu’il laisse…
Schnappi lui, à à choisi de s’arranger rapidement pour plier un tas de caillou oublié, sous la grande face de Crossey 3. En quête de la voie la plus déversante de Lacuvette et avec un relais clippable à la perche du sol, il a enfin trouvé le graal, avec Ca pince un 8a+ vraiment peu fait, peu essayé et peu connu. Certes les probables premiers répétiteurs que sont l’inévitable Toufic et l’infatiguable racleur Pierrick ne reconnaitront peut-être pas tout à fait cette voie, puisque le bougre Schnappi, mis à mal par un clippage impossible, à finit par résoudre ce problème en se rajoutant un point… Puisqu’on parle d’eux, et que Saint Pancrasse fit la une de la presse people, Luca, notre jet-setter détaché pour Lacuvette, fut témoin la semaine dernière de la FA d’El Mucos par le même Pierrick, un 8b quelque chose, ouvert par le même Toufic…Une voie qui par son ampleur et sa technicité ne manqueront d’attirer les convoitises d’un Schnappi auto proclamé et effectivement constaté ‘’pété de force’’. Et puisqu’on en est aux anecdotes, un autre mutant habitué de Tétard park s’est égaré au fin fond de Lacuvette, pour enchainer et surtout confirmer le statut de 8a étalon de La contrition humaine, dans l’irremplaçable mur de l’angoisse. Rassure toi Martin, Mister Lebret n’aura pas poussé l’affront jusqu’à la faire à vue !!
GrandLudo lui s’arrange s’en problème de ses 2m d’envergure et de sa capacité hors norme à arquer les prises, a tel point qu’on a parfois mal pour lui. Comme lors de ses beaux essais dans Les larmes du désir, un terrible 7c+ douloureux du même mur de l’angoisse. En visiteur ignorant, Michel en fit les frais à ses dépends, la démo du croisé torride sur cachous collés n'ayant rien laissé paraître.... A peine plus loin Sylvain, lassé par trop d’échecs dans Pan total, 7b+, opta avec succès pour les silex croustillants de Mort fine, un 7a+ plus à gauche.
Des arrangements, c’est ce que j’ai du trouver en ce samedi pluvieux. Après un déluge torrentiel, en temps normal, on aurait opté pour la DJ… mais comme l’ensemble des voies ‘’abordables’’ de la grande arche ont désormais fait les frais de mon acharnement, il a bien fallu convaincre le reste de cuvettards de changer leurs habitudes. Un brin d’exotisme, une marche d’approche proche des 5min et la quasi certitude de trouver quelques mètres de salpêtre blancs secs et nous voilà en route pour les Ecouges. Le secteur Nord c’est nord, déniché par Cannib il y a maintenant 6ans se révèle être, en plus d’un secteur grimpable même en pleine canicule, un secteur relativement bien abrité et globalement sec si tant est que la mousson ne dure pas plus de 5 jours d’affilée. L’occasion pour GrandLudo de délaisser ses règles tant aimées pour tâter du plat et surtout fermer le bras dans le test de force qu’est Bartasse salvation, un 7b+ dans lequel Jean-Yves et Luca auraient préféré ne jamais avoir mis les pieds, tant la première fois est difficile.
Bruno, tout en muscles, se frisa avec style et facilité dans les 25m de conti en 7b des très belles Tristes pensées, s’excusant presque d’avoir autant randonné, tout gêné de constater les quelques petits arrangements que s’autorisa Yves dans la même voie, encore trop impressionné par la distance entre certaines prises. Changement de style avec une petite section bloc et une fin technique en dièdre, tout en placement et équilibre pour Sylvain et Oliv dans Pas lisse de justesse, un joli 7b+ pourtant peu fréquenté de la falaise.
Le seul arrangement que j’ai pu trouver concernant cette maudite tendinite, c’est de choisir des voies longues, et de grimper bras tendus…En rajoutant à cela le sadisme que je mets à choisir celles justement avec un crux sous le relais, c’est tout naturellement dans le 7c du Palais de Justice que je laissais s’exprimer ma justesse dans cette filière longue, échouant lamentablement et par 3 fois, quelques mètres à peine sous la chaîne. Mais je compris enfin mon erreur, en voyant quelques temps plus tard Schnappi chercher les méthodes dans Force et Attrape, un autre 7c du même acabit du mur de l’angoisse : ‘’pense que tu n’arriveras jamais frais dans le crux…et trouve des méthodes en conséquence’’…De là à me faire traiter de bourrin, il n’y auvait qu’un pas…mais bon, l’honneur est sauf, Schnappi ne l’a même pas fait flash, et même pas fait du tout ce 7c…

samedi 30 mai 2009

Festival de cannes

Oui…elle était pourtant facile. Un peu trop même...mais je ne pus me contenir et m’empêcher de la faire. Toute la croisette était à l’affut du moindre des mouvements, toutes les stars étant de sortie. La montée (ou plutôt la longue descente) des marches eut lieu au fameux Têtard Park, remis en lumière par LaCuvette il y a quelques temps. Même le grand Foué, dans son indétrônable chronique du Voici de la grimpe, a du puiser son inspiration dans quelques dithyrambes de LaCuvette, parlant aussi de grégarité ou de vires !! Les stars sont donc là haut sur la vire, et les deux starlettes cuvettardes que sont Schnappi et Martin ne pouvaient ne pas en profiter pour se faire remarquer. Le premier, vexé par la décote de son premier 8b à 8a+ (quand même !), se fait un honneur à taper des essais à répétition dans l’intégrale de Mange ta soupe, 8b+ (…et ex 8c) tombant de plus en plus haut, sous les hurlements des fans en délire, croyant voir un Sharma à lunettes, en beaucoup plus petit, et en grimpant tout stat car "pété de force"…mais en gémissant de la même manière, à chaque mouvement, même ceux (et ils sont nombreux) où il est vraiment rando. Le second, forgé par des centaines d’essais dans la contrition, le 8a étalon du mur de l’angoisse aux Vouillants, se surprend à dérouler et plier aussi rapidement d’autres 8a ailleurs, comme ici, avec la très belle Revanche de têtard (…non, le têtard c’est pas Martin…)
Deux autres stars mondiales que sont nos désormais reconvertis et disponibles PBMasters, nous ont fait l’honneur de fouler du bon vrai caillou cuvettard, de leurs doigts sacrés et de leurs eb usés par la résine. Ainsi, après Luca qui fut presque pris en flagrant délit de 7b+ à la DJ, voilà que sieur Nico s’exhibe sur le très célèbre et controversé 8a.nu, et se fond parmi les peoples comme en témoignent les arrières plans des photos d’un certain contest d’une certaine salle de bloc en pays reblochon !! Tout ça pour annoncer au monde entier sa reprise de la falaise, avec une première expédition en règle des Gestes pour le dire, test de rési en 7c des Saillants du Gua. Réalisation express qui ne manquera pas de rappeler pas mal de souvenirs de déconvenues à Sylvain, lui qui vient de passer son 2eme hiver à taper des essais dans cette voie…mais dit lui, toi ,Nico qu’à Planète Bloc, ça n’aurait été qu’un bleu + !!
Qui dit cannes, dit forcément the world famous Raymon’s telescopic perche, et l’on ne se lasse pas de ces démonstration de dextérité par ces virtuoses de la canne à pêche que sont devenus Oliv et Sylvain. Un tel engouement devrait donner naissance à toutes sortes de nouveaux challenges : le clippage le plus haut, le plus rapide, d’une seule main… A noter que tout nouveau prétendant à ces records peut se procurer ce douteux ustensile en laissant un simple message sur LaCuvette. Enfin, tout ceci n’empêche pas nos deux champions de classe internationale de taper quand même de vrais essais…enfin…si l’on ferme les yeux sur les quelques dépravations que peuvent être certains préclippages ou rallonges diverses … encore et toujours dans Pan Total, 7b+ des Vouillants.En parlant de cannes, les plus longues, les plus fines…sont biens celle de Ludo, qu’il n’hésite plus à offrir en spectacle tant l’hiver n’est plus qu’un souvenir. On eut le privilège de les voir s’écorcher sur les silex de Marche ou rêve, un 7b sur la gauche du mur de l’angoisse des Vouillants, rien que pour le plaisir de refaire un des 6c phare de la région en guise de marche d’approche, arche ou crève. Et comme j’adore les longues marches d’approche, il est possible d’enquiller dans la foulée les derniers mouvements résis et intenses de Force et attrape, un autre 7c qui me demandera encore quelques essais !! Et comme ce secteur est un peu notre promenade des anglais, avec le retour des beaux jours, on commence à y croiser d'autres êtres grimpants, comme Marco et Cyril qui ont pu découvrir respectivement, les merveilles du mur que sont Tol story, 6c redoutable et du même acabit que Le cri de la limace, de Ticket pour en face ou d’arche ou crève... joyeusetés de la falaise qui feront paraître bien plus simple tous les autres 6c de l’univers... et Mort à crédit 7c avec étonnantes prises de départ…
Ces beaux genoux disais-je, ont aussi eu droit à leur séance de dalle à Crossey 3, dans Festina Lente, 7bfaisant perdre la tête à d’Oliv qui se lança à leurs trousses sans même s’apercevoir qu’il était en train de grimper en tête sans perche !! On les revit quelques jours plus tard en train de trembler sur les équilibres précaires du très intense Bartasse Salvation, 7b+ du secteur Nord c’est nord des Ecouges. Quant aux cannes les plus grosses, elles ne furent bonnes qu’à se râper, à l’agonie et sans succès sur les dernières rondeurs de la variante de sortie un peu plus longue des déjà longs et techniques Orbes fatales, 7c à Crossey 3 avant de pousser fort, fort pour venir à bout de blocage physiques de -1000, un autre bon 7b+ des Ecouges… un court instant je me serais presque pris pour Schnappi, broyant les prises et les bloquant bien bas…mais les cris en moins Pour un grimpeur, paraître dans un magazine de grimpe…c’est plutôt facile…mais pour faire la double page centrale d’un magazine du terroir, entre un article sur un village médiéval et un autre sur l’élevage des moutons sur le causse…c’est nettement plus improbable… Et pourtant… Il n’y en a qu’un pour réussir un tel exploit, François bien sur, dans le très sérieux Quercy Passion Magazine ! Tout ça avant de tenir l’un des premiers rôles du prochain long métrage de Iaki, inimitable et talentueux Spielberg de la grimpe.

lundi 18 mai 2009

Instinct grégaire

La nature a maintenant repris ses droits. Le vert feuillage dissimule à nouveau le moindre petit bout de cailloux que le bartasseur qui sommeille en nous a traqué tout l’hiver, avec ses jumelles, sa carte, sa boussole, son treillis et ses grosses chaussures à crampons…Un nouveau cycle a démarré, celui où l’on se surprend à croiser du monde à falaise, où fleurissent les séances, tard, un soir de semaine, en plus de celle tôt, le matin le week-end, où l’on se risque à mettre à nu nos jambes amaigries par un hiver trop rude, où l’on regrette la collante et l’onglée des jours meilleurs…
La transhumance donc, avec tous ces petits bonhommes accoutrés d’une bien drôle de manière, avec leurs cuissards seyants, colorés pour mettre en valeur leurs attributs virils. On peut les apercevoir un peu partout, soigneusement alignés le long des routes, Yves et Bruno souvent à leur tête. J’eus une pensée pour eux ce week-end, tandis que j’entraînais ma progéniture, pour en faire un Amstrong de l’an 2020, sur un petit bout de la piste cyclable longeant l’Isère. Un plaisir simple non sans rappeler ce petit "je ne sais quoi" qui nous fait encore de grimper avec enthousiasme aux Vouillants. Une constante du fond de Lacuvette qui en ferait presque son charme, comme le décrit si subtilement ce cycliste.
Poussés par cet instinct irrationnel et dépourvus de toute pensée objective, on se retrouva donc aux Vouillants. Accompagné de Sylvain et Martin, nous étions fermement décidés à en découdre, bravant le va et vient des camions déchargeant leur lot d’ordures que l’eco-citoyen ne sait plus contenir. En ce moite mardi soir, telle la meute affamée et irraisonnée, nous nous lancions à l’assaut de nos projets respectifs. Même Sylvain, ravalait mécaniquement sa corde, prêt pour l’essai suivant, la bave au coin de la lèvre et les yeux injectés de sang, parer à mutiler le 7b+ de Pan total. Les cris de bête de Martin résonnèrent dans tout le cirque du mur de l’angoisse, faisant fuir les quelques oiseaux égarés ici, dans ces grands murs austères. Mais les prises de la contrition humaine, 8a n’ont pas cédé. Elles ont encore résisté à cet acharnement comme l’on en voit peu, contraignant psychologiquement Martin à rajouter 2 nouveaux essais infructueux à son compteur maintenant à 3 chiffres. La section médiane, précédée par le pas de bloc du départ exigeant et le repos mentalement éprouvant, aura de nouveau eut raison de lui... Je complétais cette débauche, me lançant à corps perdu par 2 fois dans le dernier croisé de Force et attrape, 7c. Toute ma haine et ma rage ne suffirent pas à contenir cette porte de grange. Je me vis a chaque fois pivoter trop rapidement pour pouvoir me saisir de cette dernière pince, décidément, bien loin à droite…et s’ouvrant sur les derniers micro silex tranchants et le petit mono sur lesquels il ne faut pourtant pas mollir, pour enfin jeter sur le relais.
Les jours se suivent, mais ne se ressemblent pas…un peu plus tard, on décida avec GrandLudo de prendre l’air et de monter gouter à la quiétude de Crossey 3, comme pour contempler Lacuvette, vue de haut. Le bruit de la route en contrebas et la ritournelle du terrain de trial proche avaient un air de rocade sud, à Espace Comboire. On se sentit finalement peu dépaysé. Dans ce climat de confiance, GrandLudo, en pleine reprise, fit du volume dans le long et très beau Festina lente, 7b varié, globalement à vue, si l’on excepte le petit traquenard dans lequel il tomba, tout là haut, le relais sous les yeux et les avant bras durs comme du béton. Je réglais son compte à la longue dalle de Ravage prolongé, 7c+, où un certain niveau de collante me permit d’oser charger 2 pieds à plat avec un mono et une inverse foireuse jusqu’à pouvoir se redresser sur la marche suivante, avant de se lancer dans un dernier mouvement pseudo dynamique et bloquer un bi foireux à la ceinture pour se saisir à la volée de l’ultime pince plate de la voie. Passée la première partie éprouvante et malcommode en 7a+, la suite (25m quand même) se mérite…et mérite amplement le détour …à tel point qu’on rêverait d’ouvrir d’autres lignes un peu plus à droite !!
Et puis finalement arriva ce samedi. Malgré le déluge torrentiel de la veille, je balayais tous les doutes d’un simple revers de main et convenais d’un motivant 7h30 au parking de la DJ. En bel Adonis, Luca notre défunt second PBMaster, encore intimidé par les falaises de LaCuvette et par le style ''tout en finesse…mais efficace'' d’un cuvettards le précédent, s’est bêtement laissé surprendre par la fin dalleuse du tout neuf, très beau et très varié…et pas conti du tout…Combat ordinaire 7b+, à l’extrême droite du secteur Grand arche. De son coté, Oliv, entre cris et gros blocages, dégota un superbe repos dans La loi du talon, 7b, nouveau aussi. Que de perspectives d’enchainements proches !!
Comme l’on pouvait le présager, le salut viendra de notre Saint FT…Fraichement revenu d’un pèlerinage à Lourdes, François traînent sa verve et ses eb du coté de Nazareth (sic !!), dans un vieux projet comme il les aime, court, intense, retors et surement pas moins de 8b. Et le reste de la semaine, il multiplie et distribue les pains sur la colline de Miers…
Il y a décidément des signes qui ne trompent pas…

dimanche 10 mai 2009

Les temps changent

Pourtant aux antipodes de l’univers métallique adulé, j’ai été quelques fois agréablement surpris par ses samples et ses mots bien choisis. Un clin d’œil revival avec sur cette première image, une K7 s’engouffrant dans la bouche grande ouverte d’un auto radio de l’époque. Des tropes décalés, presque enfantins pour un regard sur la direction que nous avons choisit de prendre.
Les temps changent…entre les conditions hivernales et tempétueuses de mardi soir dernier et le contraste de ce week-end, où Oliv se laissa aller à dévoiler son torse blanchi par l’hiver interminable et soigneusement sculpté par des heures de rameur et de pan.
Ce mardi soir donc, pour renouer avec notre inexplicable attachement aux effluves, au bruit et à l’univers du mur de l’angoisse. Oliv en tête, fut vraiment tout prêt de l’enchainement de son premier 7b+, pan totalprès de 25 ans après avoir mis les pieds la premières fois sur une falaise. Un instant partagé avec Schnappi et Martin, tous deux en route pour le morceau de bravoure qu’est La contrition humaine. Même tronquée de sa partie sommitale, elle s’affirme toujours comme un solide 8a. Un bon pas de bloc à doigt pour démarrer avant de laisser place à une section de rési plus que redoutable. Aux premiers abords, un style bien éloigné de l’ultra court Fœtus extension, 8a de Tetard Park, pour un Schnappi auto proclamé "pété de force". Logiquement, il s’offre cette référence des Vouillants, presqu’à la manière d’un vrai lactate, grimpant à l’économie et stationnant des heures aux pseudos repos. Sentant l’inquiétude montée, il lâcha rapidement ces premiers mots rassurants : "dément…mais c’est une sacrée put*** de section de rési ultra physique"…Ouf… l’honneur est sauf, dire que ça aurait put être de la conti !! Puis ce fut le tour de Martin. De biens beaux essais, vraisemblablement les 200 et 201eme de ce qui semble bien s’apparenter…à une "put*** de black list".
Comme voie longue ne rime pas forcément avec conti…la preuve avec nos récentes tribulations à la grande arche de la DJ, je perpétuais le plaisir de partir lesté de plus de 20 dégaines (je ne suis plus à ça prêt…d’après certains) pour profiter de la belle ambiance de Force et Attrape un 7c discret, trônant au dessus de la mythique arche ou crève. Une section finale sur silex, bien forçue et très à doigt et le plaisir simple de tomber 3cm sous le relais après plus de 30m d’effort…
3 jours plus tard, autre falaise, autres temps…mais même esprit. Crossey 3, encore de très longs murs, techniques, truffés de rondeurs et d’adhérences, qu’il allait falloir sentir et apprivoiser. Oliv s’acharna dans Festina lente, 7b long et varié, Yves se paya la superbe dalle d’heureux évènement, un 6c+ de 40m tandis que Sylvain travailla son pied qui zippe dans la piégeuse mais remarquable Evasion Vertical simple 6c+ ici...avant de se retourner les doigts dans Macro pore, 7a. Irrésistiblement attiré par de nouveaux spits scintillant au dessus du vieux 7a+, ravage, je fis aussi bien que Sylvain dans une toute nouvelle dalle grise qui devrait flirter avec de bon 7 quelque chose…
Du coté du Lot, les temps aussi changent. A commencer par François qui renoue avec les contraintes du capitalisme, l’enfer du travail et la course au chiffre. Son génie créateur sera dorénavant aussi au service du citoyen tranquille, en quête de sa petite baguette ou de son petit croissant du matin. Concernant Iaki, il fut aperçu en train de vraiment forcer (si, si...et pas seulement en train de faire semblant, caché derrière ses terribles beuglements) dans une voie enfin à sa mesure, l’Apocalypse joyeuse, 8a…il était temps !! On notera quand même le subterfuge, cette petite mousse calée sur le genoux, qui fera rire le cuvettard, lui qui se fait un honneur à grimper en short dans les colos, offrant sa chair à vif aux picots acérés et se refusant à toute lolotte, signe d’un manque de force. Non loin de là, Soso fut surprise dans une voie au doux nom poétique et plein de délicatesse seyant à merveille à une grimpeuse que ne l’est surement pas moins, ceci n’est pas un pipe 7b, toujours et encore à Autoire. Il semblerait que dans cette contrée reculée, le grimpeur en soit encore à l’âge de pierre, maniant non sans mal une espèce de perche préhistorique en bois durci par la flamme du feu sacré et bénie des mains pures du dieu Françoisalors qu’à mille lieux de là, une civilisation cuvettarde est en train de changer la face du monde avec l’invention de cette merveille des temps nouveaux, la raymon’s telescoperche, brevetées par Lacuvette world compagny incorporated et disponible en exclusivité mondiale uniquement sur ce site
Et oui Messieurs (dame), les temps changent…

dimanche 3 mai 2009

Last Ride

Il fallait en profiter… ce ne sera maintenant plus qu’un souvenir. L’antre de Lacuvette, Planète Bloc, s’est éteint, vendredi dernier, après les festivités d’une dernière Adios party. Nous pensions l’avoir trouvé, là, au fin fond de trou de LaCuvette. Mais comme ce vieux Bodhi, nous allons nous remettre en route, en quête d’un nouvel eldorado du bourrinage résineux…
Last ride, mais cette fois ci over sheep mountain, est une des dernières œuvres de Ludo à la DJ. Une merveille en dalle de près de 60m, un première partie de déjà 35m en solide 7b+ et une fin, en encore plus solide 8a+. Une ambiance exceptionnelle, dans l’immensité du ED Wall, lorsque les doigts et les mollets en feu, il reste encore à engager ce mouvement aléatoire et technique. Un souffle d’incertitude, un zest de solitude, un sol qui s’est dérobé derrière les feuilles nouvelles, un assureur définitivement hors de portée et que l’on espère patient et attentif…Des instants rares qui ne mettent plus aucun doute sur les déclarations de Ludo, lorsqu’il revint de son tour du monde, blasé d’avoir parcouru les plus lignes aux 4 coins du globe, et se rendant à l’évidence : "La DJ est bien la plus belle falaise du monde ". Propos à tempérer bien sur, à mettre sous le coup de l’émotion, puisqu’il aurait du rajouter "ex aequo avec Espace Comboire". Mes assauts répétés dans ces nouvelles lignes, furent l’occasion pour de nombreux cuvettards de redécouvrir ce secteur, jadis austère et hostile de la DJ. En plus de ces ouvertures, le rééquipement puis les prolongations de Gare aux loups, 7a+ et Alhamdulillah, 7c permettent dorénavant une approche plus sereine, augurant le retour des grimpeurs dans ce mur injustement oublié. Je surpris même un certain Yves accompagné d’un autre certain Bertrand s’auto-émuler dans ce mur technique, pourtant bien loin des devers à colo qu’ils affectionnent tant. Quant à Bruno, ses fameux deux pieds droits en or n’en finissent plus de se délecter sur ce caillou superbe : Entre les 7b+ du pont de Londres, un des joyaux du genre, de Last ride over Sheep Mountain et de Shine On, son cœur n’a pas fini de balancer.
Last ride enfin pour GrandLudo qui en finit avec le beaucoup moins inoubliable 7b+ Du pec et des ongles, légèrement plus à droite. Surement parce qu’il n’y a pas que la beauté qui compte, cette dernière s’est vue bizarrement harcelée par les ardeurs de Jean-Yves, Sylvain, Oliv, qui finalement ne succomba pas à son charme particulier et même Luca, maintenant libéré des ses obligations à Planète Bloc. Mais la belle ne se laisse pas facilement apprivoisée, Sylvain et Oliv durent revoir leur prétention en lui préférant la tectonique de plouc, 7b. Vu leur marge physique, il ne leur reste maintenant plus qu’à conclure, mais…avec style et classe…en tête !!Jean-Yves se replia sur l’ultime souper, un autre 7b+ plus court, mais sur un très joli caillou, au secteur Hidden Wall.
De son coté, GrandLudo, en pleine confiance se lança ensuite à la conquête de la longue, très longue, très, très longue Pour qui sonne le gras, 8a, dont nous avions déjà eu un avant gout il y a quelques années, en en réalisant la première longueur. Elle fut longue, dure…je laissais même échapper quelques gémissements, puis, à bout de souffle, je sentis enfin cette douce sensation m’envahir quand soudain jaillit….l’extase de saisir le relais !!! Je prolongeais le plaisir avec une autre des nouveautés du coin, La loi de talon, une variante de sortie pêchue, du bien nommé Bonheur tranquille, 7b.Schnappi, maintenant octogradiste confirmé, pété de force et toujours célibataire…bien qu’il fut surpris en galante conversation dans un recoin sombre de la Pierre Chambertin… devrait incessamment sous peu mettre son dernier ride à Têtard Park. Il signe une des rares répétitions de The têtard menace, 8a+, tombe de plus en plus haut dans m’intégrale de Mange ta soupe, 8c et maitrise tous les mouvs du très bloc fœtus extension 8a, très peu parcouru. La première intégrale du secteur ne saurait tarder…
S’il y a un bien un qui n’en sera jamais à se poser la question du dernier essai, c’est bien François. Toujours à Autoire, sa motivation hors norme, sa capacité infinie à dégoter de nouvelles lignes, son imagination débordante pour créer des mouvements, des variantes, des départs assis ou couchés, des grandes traversées ascendantes ou descendantes, son envie de jouer sans cesse avec le moindre des recoins de la falaise, ne tiendrons jamais dans une seule vie. La preuve en image dans sa dernière création en traversée Pli selon pli, 8a, encore. La plus belle falaise du monde, c’est surement celle là, celle où, lorsque à peine la séance terminée, on se demande déjà quand il sera possible de revenir, encore et toujours. Celle pour qui l’on n’a plus besoin de s’imaginer ailleurs, simplement ‘’ici et maintenant’’ comme je l’entendais hier, de la bouche d’un certain Dieu blond, cinquantenaire et à la passion toujours intacte.

lundi 20 avril 2009

Procession

Tout le team LaCuvette se prépare à une sainte procession, sans distinction de race, de sang ou de niveau, pour solennellement se recueillir une dernière fois, sur feu Planète-bloc, le lieu de tant d’ébats durant ces 2 dernières années. Le génie créatif de Nico le PB master, les mondialement renommés tacos de Luca, les blocs incompréhensibles pour hyperlaxes de Nunu, les fameux contests du mardi soir avec ses lots misérables toujours discrètement distribués aux intimes de Nico…tout cela, et bien d’autres encore resteront encore longtemps gravés dans nos mémoires…et dans nos gestes, ces mouvements tant de fois répétés sont maintenant responsables d’une bonne partie des nos tics compulsifs. Par devoir de mémoire Oliv a pris soin de récupérer quelques cendres du notre défunt antre du bourrinage, pour se bâtir un sanctuaire sacré dans lequel nous pourrons encore longtemps nous recueillir. En fidèle de la première heure, je me devais de prendre part à cette première cérémonie du souvenir, soutenu par Oliv et Alex, venu de loin pour partager ma peine.Adieu PB, une part de toi vivra à jamais au fin fond de LaCuvette.
La fin de l’hiver pointe son nez. Il est maintenant l’heure de redescendre sur la terre ferme et de se préparer à affronter la nature hostile. Il va falloir trouver son route et survivre jusqu’à pouvoir enfin se transformer en cette si gracieuse chrysalide.
Telles ces Thaumetopea pityocampa, les skieurs ont rangé leur lourd fardeau pour retrouver le chemin des falaises. Encore grégaires et peu sûrs d’eux, ils forment un long cortège pour la procession de la nymphose, une longue file indienne jusqu’à trouver l’endroit idéal pour que…de la petite larve répugnante, s’envole une douce sylphide. La colonie finit par trouver rapidement le lieu rêvé, au pied de la DJ. La première à s’envoler fut Manue, toute chamboulée de pouvoir renouer avec le plaisir technique d’une dalle sculptée comme celle de la bien nommée Voie des copines, un des rares 6b+ de la falaise.Malgré de beaux efforts Yves et Bertrand ne réussirent par bien à décoller dans le très long et exigeant Gare aux loups, interminable 7a+ de l’Ed Wall. Et pourtant, Yves travaille consciencieusement sa préparation physique, il fut aperçu quelques jours auparavant dans la confidentielle falaise de la Cascade d’Alloix, dénichée par le local de chez local, incontournable de ce coté ci de LaCuvette, Foué. Alors qu’il s’acharnait dans les mouvements dynamiques de l'essouflant 7a+ des inversées ca te niquent, nous profitions du privilège d'une RTT bien sentie pour faire du volume dans la même voie puis dans la très esthétique Attaque tonique des claques 7b.
Toujours à la DJ, GrandLudo jetait son dévolu malheureux sur le pas de bloc retors du 7b+ du Pec et des ongles, Sylvain et Jean-Yves cherchaient désespérément mais en vain, une voie pour tisser leur cocon. Oliv et Alex enlisaient domicile dans le physique et tonique Tectonique des ploucs 7b. Décidément un lieu paradisiaque, comme ces deux grandes et belles envolées concoctées par Ludo, dans ce long et exceptionnel mur de l’EdWall, parcouru de 2 nouvelles lignes de rêves, Last Ride over Sheep Mountain 7b+ puis 8a+ et Shine on, 7b+ puis 8a dont les première partie firent le bonheur du privilégié que je suis… Mais comme l’on ne peut parler de l’Eden sans évoquer les Vouillants, il nous fallait aussi nous rendre là bas et y laisser quelques traces. Ce fut Sylvain qui s’exécuta le premier en expédiant après moult essais une de ses bêtes noires, Fils de brute, le 7a local qui malgré un vilain point supplémentaire sur le haut garde toujours ce je ne sais quoi marquant à vie, les souvenirs de chacun des cuvettards. Jean-Yves suivit en exterminant la longue suite de prises surnaturelles du très conti Nuit de Nonosse, 7a+, avant que je ne vienne à bout de l’oublié 2eme longueur aérienne d’Air Afrique, 7c+ perdu tout là haut, sur les petites croutes croustillantes qui surplombent de près de 40m les belles bennes bleues du dépôt d'ordures Lely.

dimanche 12 avril 2009

Mange ta soupe !

C’est ce que s’acharnaient à nous rabâcher nos chères et tendres mamans, comme un rituel lors de chaque repas du soir. C’était la condition sine qua non pour avoir la permission de se lever de table et profiter du quart d’heure de répit suivant, avant la corvée du brossage de dents et l’infamie de l’heure du coucher, toujours trop prématuré. Et tout ça par amour, pour que nous puissions être les plus beaux, les plus forts, les plus grands… Même si l’on peut affirmer que nous étions tous logés à la même enseigne, force est de constater que les résultats ont malgré tout divergé : Iaki et Oliv sont de véritable Apollons, François est devenu immensément fort et Grandludo irrespectueusement gigantesque …et quant au pauvre Schnappi
Notre passe-partout du fort de Lacuvette, véritable forçat du Pan Gullich, allait finir par tordre le cou à ce destin malheureux. En ce début Avril 2009 et alors qu’il devrait passer ses journées cloitré, à peaufiner son Capes, il devient l’un des tous premiers cuvettards de la première heure à franchir le cap mythique du 8b. Certes un peu loin de la vire, mais 8b tout de même. A l’heure de la starisation de LaCuvette, cité entre les lignes du dernier "Bruits de cuvette" du brillant Foué dans le dernier Grimper, voici l’occasion rêvée de laisser enfin la parole à notre talentueux nain de jardin préféré. Lancé sur les traces de Charlie qui s’était aussi confié à LaCuvette, il vient de cocher la première partie du potentiel 8c de St Pan, Mange ta soupe, équipée par le regretté Phildar.
Alors ça fait quel effet un premier 8b ?
8b, 8b…disons que c’est plutôt un demi 8c ! Mais bon, j’ai l’impression d’être maintenant un vrai grimpeur… Depuis je ne sais plus ce qui m’arrive, je fais des voies a vue, je ne pars plus preclippé, je n’ai plus de rallonge, je ne fais plus aucun trait de cake, je prends des gros plombs…un vrai grimpeur quoi…non t’inquiète, je déconne
Mais le plus important c’est que je suis super fier d'avoir fait une voie a Phildar. Phildar, c’est l'idole de toute une génération, et chaque soir en m’endormant, je rêve en secret qu’il revient armé de son perfo magique.
Connaissant ton acharnement, ça t’as demandé beaucoup d'essais ?
Au niveau du nombre d'essais, comme d’habitude, je ne sais pas trop, surtout si je compte les essais en moul’. Mais bon, j’ai mis 3 séances
Je suis vite arrivé à monter assez haut. Je tombais au niveau d’un mouv’ bien physique, à environ 3 mouv’ de la fin... J’ai du tombé 3 ou 4 fois par là, je n’avais plus assez de force et le clippage me coutait beaucoup. Ensuite, je me suis entrainé comme un mulet et j’ai pris un peu de resi. J’ai aussi mieux géré le rythme et j’arrivais à passer ce mouv’ pour tomber 2 ou 3 fois dans le tout dernier mouv’. Et je suis même tombé une fois avec le bac final, en essayant de clipper le relais avec le mou en main
Clipper le relais ?? Un comble quand on sait que tu pars souvent préclippé du relais… ?
Je suis un vrai grimpeur maintenant je t’ai dit !!
J’ai fais ça propre, juste un petit préclippage de rien du tout sur les 2 premiers points, et encore, à la demande de mon assureur pour qu’il soit rassuré et que je ne m’écrase pas sur lui. Et puis, tu vas être fier, aucune rallonge…et j’ai même pris des plombs, si, si !!
Bon, j’ai toujours quelques tics, je me suis forcé à clipper une dégaine de travail en plein milieu du dur.
Allez, on est entre nous, tu peux le dire que ça vaut pas un 8b du fin fond de Lacuvette ?
Au niveau de la cotation, je ne sais pas, je n’ai pas trop de référence. Et puis je suis surtout péter de force en ce moment. Rajoute à ça que je bouffe que des Slimfast depuis 6 mois, et me voilà maigre comme jamais !! Bon, que ce soit 8a+, ça ne me choquerait pas, mais je respecte les équipeurs et les éditeurs de topos : je ne décote jamais !!
Au début je pensais que c'était vraiment du 2. Je me disais "ouaiiiis c plus facile que mezza vocce, un petit 8a de la vire d’Espace, dans le même style". Et puis en tapant des essais j’ai vu qu’il fallait forcer un peu quand même ! En tout cas ça ne devrait pas être moins que 8a
Et puis St Pan ça compte quand même. Ok c’est plus en fond de cuvette mais plutôt sur la lunette, mais ya quand même certaines voies qui sentent bien fort la bouse genre: le goulag, sgog, le menton…D’ailleurs j’ai l'intégrale de cette trilogie mythique
Ca sert à quelque chose le PG ?
C’est clair que le pan gullich ça aide, comme par exemple le fait de faire des tractions d'un bras sur les boules du pg : y’a que moi qui y arrive. Je suis aussi sur-rando sur les pinces....
Le fait d'avoir travaillé et explosé le parcours coupe du monde sur PG m’a bien mis la patate !
En plus de t’avoir rendu modeste, ca t’a aidé à pécho le PG?
Bah…. faire du 8b et être champion du monde pg, ça pas encore la bérézina, ça aide pas trop pour chopper des meufs....Le problème, c’est qu’à chacune de mes séances y’a toujours les 2 clochards qui trainent avec moi Pierrick et Matthieu. Avec lesurs sales gueules, leurs odeurs et surtout leur nombre de conneries à la minute, ils font systématiquement fuir toutes les petites gymnastes du CSU. Pourtant, je vois bien que quand je tombe le T-shirt, le monde s’arrête pour elles, elles n’ont d’yeux que pour moi !!
Si t’en est là aujourd’hui c’est un peu grâce à LaCuvette non…le 8b, le fantasme des gymnastes ?
Bien sur, si j'en suis arrivé là, c’est bien grâce au team cuvette. Ca a toujours été une source d'inspiration et de motivation, un moteur pour le dépassement de soi... Et c’est bien sur grâce aux voies malicieusement équipées…banzai… par Maitre Yush que j’ai pu peaufiner ma technique et pousser mon escalade jusqu'a atteindre la quintessence de cet art...
Et puis toutes ces séances par -10 degrés, sous la neige, la pluie, et le vent, ça te forge un grimpeur, un vrai grimpeur... Alors oui pour tout ça.....je ne remercierai jamais assez Lacuvette !! Bon et maintenant ?

Mon prochain super projet, c’est l'intégrale, pour suivre les traces de Charlie !! Il y a bien moyen de fendre. J’irai bien à Espace dans le baiser bleu….faut pas oublier que c’est la plus belle falaise du monde, et je veux faire l'intégrale !!
J'aimerai bien allez essayer ma voie aux Saillants, charlotte au Congo et celle d'espace comboire, nanouchka…ce sont les plus belles voies de LaCuvette.
Bien joué Schnappi, toute LaCuvette se félicite d’avoir misé un copeck sur toi et de t’avoir recueilli, alors que tu n’étais qu’un enfant.
A noter aussi que depuis, Mange ta soupe serait en passe de devenir une classique, puisque la première partie aurait connu une nouvelle répétition et que l’intégrale serait tombée sous les assauts du suscité Pierrick et de l’inévitable Quentin alias Toufic, toujours là dans les bons plans du coté de LaCuvette. Bravo à tous, LaCuvette compte sur vous pour que vous prodiguiez encore la bonne parole jusqu’au bord extérieur de la lunette.

mercredi 1 avril 2009

La croisée des chemins

Ce lieu où les chemins se séparent, comme pour mieux se retrouver ensuite. Un point de questionnement mystique sur la route des mystères divins, auquel semblait être parvenu François. Après la célébration des invisibles, un autre 8b perché de son nouveau secteur d’Autoire, il se prépare maintenant à se rendre à Lourdes. Comme si sa quête de l’anagogie le poussait vers notre sainte vierge. Comme si elle l’appelait, pour enfin le révéler à l’humanité toute entière, pour l’élever parmi le saint des saints. Il sera accompagné de son plus fidèle serviteur, Iaki, qui a juré devant l’éternel de revenir pour témoigner des futurs miracles que réalisera son maître dans quelques une des plus belles falaises pyrénéennes.
D’autres chemins cuvettards allaient aussi se croiser ce weekend. Comme celui du team eb, en déplacement exceptionnel dans le centre névralgique de LaCuvette qu’est Planète Bloc. Accompagné de M.eb en personne, tous s’étaient depuis longuement préparer à affronter les problèmes ouverts avec tant d’amour et de génie par Nico, notre vénéré PB master. Et dire que ce fut l’un des rares weekends de la saison de grimpe où je dus m’absenter et laisser les clés de LaCuvette…
Yves, attendant son heure et rêvant de cimes enneigées, croisa par dépit notre route. La météo capricieuse compromettait sa préparation à un de ses nouveaux défis, peut-être enfin à sa hauteur. Sache qu’il nous faudra attendre encore longtemps le jour où, nous autres, arriveront, ne serait-ce qu’à la cheville de ton extraordinaire niveau physique. Ce jour là, on sera tous au moins…sexagénaires et retraités !!
Martin decida aussi de faire un bout de chemin à nos cotés, en père indigne s’étant débarrassé de sa jeune progéniture pour partager un samedi matin entre cuvettards. On vit aussi Jean-Yves, enfin libéré de sa 2eme grossesse et dopé aux hormones pour son retour en force. Enfin, il y eut GrandLudo, s’accordant un peu de répit, entre 2 périodes de 2 semaines de congés…en à peine un mois, tout juste de retour de la Réunion et en instance de départ pour les falaises de l’Ardèche.
Accompagné des inconditionnels que sont Sylvain et Bruno, tout ce petit monde décida de braver la météo, de se bander les yeux et de se couper la langue pour venir essayer quelques un de mes nouveaux égarements d’équipeur névrosé. Après un échauffement laborieux dans une voie dont l’on taira par decence, le nom et la cotation, Yves répéta une des désormais classiques du secteur, un peu plus de tendresse, un 7a dans lequel il rendit hommage à une certaine légende blonde…le style en moins, suspendu d’un bras sur la lèvre du surplomb, l’autre main occupée à délayer puis à clipper. On retiendra aussi l’instant de doute et les fameux gémissements qui suivirent, si justement accompagnés du sanglot de désespoir ''j’y arrive plus !!''…fort heureusement contrés par nos encouragements, au moment du réta.
L’autre classique du site, un jour sans lendemain, 7a+, connut son lot de répétitions, avec Sylvain, puis Bruno. Ce dernier découvrit enfin qu’il était capable de plier le bras à plus de 45°, même avec des pieds pendouillant dans le vide.Vint ensuite le tour de Martin et GrandLudo, de se prendre pour la star des latrines, dans une première section tapant dans les 7c/7c+. L’intérêt du pas de bloc lunaire de la directe dans le surplomb médian ne fut pas avéré, mais le simple détour par la gauche pour rejoindre la sublime suite dans la dalle à gouttes du haut s’imposa de lui-même !
Et si c’était finalement cet aspect du secteur qui nous envoutait ? Cette croisée des chemins verticaux, rendue possible par la ligne de faiblesse naturelle du mur, cette rampe striant le secteur de part en part. Une certaine impression de complexité, un reflet des égarements et des caprices d’un ouvreur lypémaniaque, mais qui confèrent au secteur une individualité et un caractère peu courant, une espèce de foisonnement magique que chacun devra faire l’effort de découvrir et de s’inventer…Un peu comme aurait pu le dire François, sur les traces d’un aïeul dominicain, et à propos de nous autres pauvres pecheurs équipeurs ''les uns croient que les autres se trompent de chemins s'ils ne suivent pas le leur'' .

dimanche 22 mars 2009

Tous à la manif

Fallait s’y attendre, à nous coller une bonne vieille crise en pleine liesse du nouveau millénaire, il y allait y avoir des mécontents. Ce cortège de licenciements, de fermetures d'usines et de situations précaires, c’est vraiment moche. Et ces vilains patrons du CAC 40 qui ne savent pas gérer la crise, le recul des commandes, la chute des marges, les pannes de trésorerie…comme le mien qui, malgré tout m’a octroyé un joli bonus cette année…bouh, j’ai honte d’être à la botte d’un tel buveur de sang qui ne regarde ses salariés qu'à travers les profits qu'ils lui permettent de faire et pour qui le licenciement n’est qu’une simple formalité administrative. Il serait tellement plus simple de faire tourner à plein régime la planche à billets et tous se mettre d’accord pour abuser équitablement du système…
En cet énième jour contre la crise donc, comme tant d’autres contre la guerre, le réchauffement climatique ou la maltraitance des enfants, je déposais machinalement les enfants chez leur nounou. C’est elle qui me mit la puce à l’oreille : "Aujourd’hui pour le 153eme fois sur le 125 jour d'école que compte l’année, la maitresse ne sera pas là". C’est vrai qu’à force, j’avais fini par oublier de compter. Le bon coté de ces grands soulèvements, c’est qu’ils conduisent parfois à d’heureux concours de circonstance. Je fus soudain bloqué par les barricades et les banderoles rouges…à deux pas du parking de la DJ…tout comme GrandLudo, Bruno, et Sylvain, mes malheureux compagnons d’infortune. En bons cuvettards ne vidant jamais leur coffre du minimum vital (eb, baudard et corde) nous voilà à patienter que l’attroupement disparaisse. GrandLudo en profita pour en finir avec la tectonique des ploucs, joli 7b physique. Sylvain continua de peaufiner le pas retors de la première longueur du pec et des ongles 7b+ et Bruno se laissa tenter par toutes les louanges qui je lui fis sur une des dernières créations de Ludo, Last ride over Sheep Mountain, dont la première longueur (pour quand même ses 35m) deviendra surement l’un des plus beaux 7b+ techniques de Lacuvette (comme son voisin de gauche Le pont de Londres). Après que je lui eus posé les paires dans ce pur bijou, il nous révéla une petite partie du secret de son style fluide et élancé : contrairement au commun des mortels, mère nature lui fit don de deux pieds droits, gages de précision et de grâce. L’affaire aurait pu être pliée au bout de trois essais, mais l’appel du capitalisme fut plus fort, nous contraignant à rapidement rejoindre le monde des affaires…
Même au fin fond du Lot, le soulèvement se fit sentir. François opta pour un sitting…pour toutes ses nouvelles voies du secteur le passage se crée à Autoire. Pour corser le tout et éviter de partir debout sur la lèvre de la grotte, il fit table rase des barricades et tas de gravats pour s’imposer un départ assis au plus profond de la grotte…de quoi se rassasier de mouvements physiques en toit, comme dans le 8b du visage nuptial. Iaki, lui non plus, ne pouvait rester impassible. Il fit le siège, entre Mihlac et Autoire. La première pour s’offrir son 2eme 7c en une semaine en la personne de Pépée…de quoi enfin mettre la pression à Yves !! Et la deuxième pour s’essayer à l’apocalypse joyeuse, une toute nouvelle joyeuseté en 8a du FT sus cité !!. A voir le tracé de la ligne, je n’ai plus de bonne raison pour avoir des complexe à ouvrir des itinéraires tortueux, laissant libre cours aux connexions et autres variantes !!!
A l’heure de la critique de la société de consommation, nous ne pouvions que déserter les falaises normées, aseptisées, prêtes à l’emploi, et finalement jetables un fois les projets torchés. Avec les mêmes, nous faisions route pour un accès un peu acrobatique, une petite vire mal aménagée, des prises qui croustillent, à l’état brut, agressives, voire coupantes, sans traces, des points jetés au hasard des zones de faiblesses mais rendant complexes les itinéraires et la lecture les lignes… Avec les yeux de l’explorateur découvrant le nouveau monde, Ludo réalisa la première du Jour sans lendemain, probable 7a+ alternant entre une première section déversante et physique, et une deuxième, sur une sublime dalle technique. Il en manqua de peu à Bruno pour faire de même et s’offrir ce joli morceau varié et gazeux. Même cocktail et encore plus long pour Sylvain et son 3eme essai victorieux pour un peu plus de tendresse, vraisemblablement 7a, démarrant par une longue traversée sur la rampe striant le secteur, avant un no foot d’anthologie dans un surplomb plein d’ambiance pour se rétablir sur 20m de dalle saignante sur gouttes d’eau superbes. Et pour finir avec la contestation, une visite dans No futur, un futur projet dans le 7c/8a pour GrandLudo, pour les prochains jours de mobilisation nationale…